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Le nouveau MAC est arrivé !

Les participants du CCC à Paris-Brest-Paris 2023 l’ont testé pour vous

Tout candidat à Paris-Brest-Paris a le choix de participer à l’épreuve soit en totale autonomie, en utilisant les points ravitaillements et les hébergements proposés par l’organisateur de
l’évènement, soit en s’entourant d’une « équipe d’assistance » qui le suit tout au long de son périple. Dans ce cas la voiture accompagnatrice ainsi que les assistants doivent être officiellement déclarés et suivre des règles précises : la voiture qui porte un numéro attribué par l’organisation ne doit pas circuler sur les mêmes routes que les concurrents et ne peut rejoindre le parcours et ne stationner que dans un rayon de 5 km autour du point de contrôle.

Ces règles étant établies, à chacun de choisir son mode de fonctionnement. Une assistance individuelle nécessite de pouvoir disposer d’un véhicule (ce qui entraîne des frais de carburant importants) et d’au moins de 2 conducteurs. En effet, si on oublie les « avions » qui bouclent le parcours en moins de 48 heures, la majorité des concurrents couvriront la distance dans une fourchette de 70 à 90 heures. Il faut donc compter passer environ 3 nuits et 3 jours sur la route avec un déplacement vers le contrôle suivant en moyenne toutes les 4 heures ce qui rend impossible l’assistance de plusieurs participants avec une seule voiture. En effet, sur une telle distance, même en partant à la même heure, les écarts entre 2 cyclistes peuvent se creuser de manière significative à cause des allures différentes ou surtout des temps de repos propres à chacun. C’est en partant de ce constat que pour cette dernière édition de Paris-Brest-Paris le CCC a proposé aux membres du club inscrits à cette épreuve un nouveau type d’assistance sorti de l’imagination fertile de Dominique Moreau. Il s’agit du MAC.

Qu’est-ce-que le MAC ?
Le MAC (Moreau Assistance Concept) est un nouveau concept mis à la disposition de tous les membres du CCC participant à Paris-Brest-Paris. L’idée de base est de leur proposer un point d’accueil permanent placé sur le parcours, au niveau d’un des points de contrôle astucieusement choisi, leur offrant le gîte et le couvert aussi bien sur le trajet aller que retour.
C’est, comme le dit Éric Morin, une sorte de camp de base.

Ce type d’assistance ne nécessite qu’une seule voiture avec une équipe de 2 assistants. C’est avec enthousiasme, trop heureux de pouvoir me replonger dans l’atmosphère très particulière de cette épreuve, que je propose à Dominique de le seconder.

Fort de l’expérience acquise par chacun d’entre nous, le choix de l’implantation du camp de base se porte vite sur Loudéac située au kilomètre 435 à l’aller et au kilomètre 782 au retour,
soit respectivement au tiers et aux deux tiers du parcours.

Pour réussir ce défi logistique nous sommes épaulés par Élisabeth, l’épouse de Dominique, qui participe activement à l’organisation en trouvant une maison à louer presque en face de
l’arrivée au point de contrôle de Loudéac et en préparant les repas de tout le monde pour toute la durée de l’épreuve.

L’organisation générale se précise en fonction de l’ordre de départ des concurrents :
- Bruno BARTHÈS : départ dimanche 16 h 45
- Thierry STREIFF : départ dimanche 18 h 15
- Éric CANVA : départ dimanche 18 h 45
- Éric BARBAREAU : départ dimanche 19 h 15
- Cécile PAIRAULT : départ dimanche 19 h 45
- Éric MORIN : départ lundi 05 h 00

La contrainte essentielle est d’être opérationnel à Loudéac dès lundi matin avant 10 heures pour pouvoir accueillir Bruno parti la veille dans les premiers. Cela nous permet d’assister à
tous les départs du dimanche et de proposer, en plus, à Thierry, Éric Canva, Éric Barbareau et Cécile un ravitaillement en début de nuit à Mortagne-au-Perche.


Parcours PBP 2023Parcours PBP 2023



Ces grandes lignes étant tracées, Dominique qui a établi de longues listes de matériel commence, plusieurs semaines à l’avance, à entasser dans son entrée tout ce qui va être
nécessaire pendant ces 3 jours pour le couchage, les repas, la signalisation, l’éclairage, etc. Il prépare pour chaque participant une caisse avec son nom dans laquelle il pourra mettre ses affaires personnelles et, last but not least, il conçoit pour les assistants 2 T-shirts différents. Un pour le jour sur fond blanc l’autre pour la nuit sur fond noir avec marquage fluorescent !! Le nec plus ultra ! Tout est prêt pour l’aventure.

Le départ,Dimanche 21 août : jour J.

Le matin il faut un chausse-pied à Dominique pour tout charger dans sa 3008. En début d’après-midi c’est le départ vers Rambouillet où nous arrivons vers 15 heures. Nous retrouvons Alain Cornet déjà sur place puis Christiane et Alain Thibault. Des milliers de cyclos accompagnés de leurs supporters sont déjà éparpillés sur les pelouses du château. Au fil des minutes, nous rencontrons de nombreuses figures familières et repérons nos cinq « protégés » candidats au départ du dimanche soir qui se préparent mentalement. Les départs vont s’échelonner tous les quarts d’heure par vague de 250 cyclistes de 16 heures à 21 heures, chaque vague passant par plusieurs sas successifs avant d’accéder au sas de départ.

À l’exception d’Éric Morin qui ne partira que le lendemain matin, nous assistons au départ de tous les membres du CCC. Le premier à s’élancer est Bruno. Cécile est la dernière de la soirée à 19 h 45. Il est 20 heures et nous devons rejoindre la voiture pour rallier au plus vite Mortagne-au-Perche, le premier point de contrôle du parcours, situé à environ 120 km de Rambouillet.

Le ravitaillement de Mortagne-au-Perche

Afin d’éviter la cohue provoquée par le passage de milliers de cyclistes, nous avons décidé d’un commun accord de nous placer à environ 2 km après le contrôle lui-même. En effet, très proche du départ, la ville de Mortagne voit déferler à partir de 18 heures et jusque très tard dans la nuit un flot ininterrompu de cyclistes qui, seule exception de l‘épreuve, ne sont pas obligés de s’arrêter. En effet, pour éviter des embouteillages monstres, il n’y a pas de pointage des cartons de route. Seuls les temps de passage sont enregistrés à la volée. Les concurrents peuvent bien sûr s’arrêter pour se ravitailler ou se changer.

Il fait encore un peu jour quand nous arrivons vers 21 h 30 à l’emplacement repéré sur Streetview. Il est placé sur le bas-côté de la route, au début de la remontée qui suit la grande
descente située à la sortie de la ville. Nous avons bien fait de nous dépêcher car un camping -car est déjà en place à quelques dizaines de mètres. La nuit commence à tomber. La priorité est d’être facilement repérable dans le noir total. Dominique a tout prévu : pancarte, calicot, maillot de Croissy au bout d’un manche à balais et surtout éclairage que nous essayons d’économiser car nous savons que nous sommes là pour plusieurs heures et que les piles ne sont pas éternelles. Nous déplions ensuite la table et les sièges avant de sortir les tupperware et les boissons. Bruno étant déjà passé bien avant notre arrivée, tout est prêt pour accueillir Thierry que nous attendons qui devrait être le prochain à passer. Il fait maintenant nuit noire. Nous contemplons le spectacle des centaines de vélos dont nous voyons au loin les phares dévaler à pleine vitesse la descente de Mortagne jusqu’à ce que subitement les ardeurs se calment. À partir du rond-point d’où démarre la montée les allures deviennent plus sereines et au passage devant nous quelques dérailleurs craquent encore.

Après nous avoir dépassé, les centaines de phares éblouissants se transforment soudainement en une enfilade interminable de feux rouges.Mais nous n’avons pas le temps de rester les bras croisés. Attirés comme des moustiques par notre éclairage de nombreux cyclistes s’arrêtent à notre niveau. Nous fournissons de la lumière à ceux qui veulent se changer, nous offrons un fauteuil à un indien qui veut manger son casse-croûte, nous dépannons un allemand qui a des soucis mécaniques, nous remplissons des dizaines de de bidons d’eau et il y en a même qui nous réclament du Coca. Là nous nous sommes plus réticents à dilapider notre stock que nous devons préserver pour nos poulains. Au bout d’un moment nous finissons par crier « private, private ! » à ceux qui veulent s’arrêter pourse ravitailler à bon compte.

Tout en cultivant notre apprentissage des charabias étrangers nous surveillons nos téléphones pour consulter l’appli qui, tout au long de l’épreuve, nous informera en temps réel du passage des concurrents aux différents contrôles. À 23 heures, ça y est, Thierry est annoncé, il vient de franchir le portique de Mortagne. Il ne reste plus qu’à l’attendre, il sera là dans quelques minutes. Il nous repère facilement. Il va pouvoir se changer pour la nuit et manger un peu avant de reprendre la route en direction de Villaines-la-Juhel soit environ 80 kilomètres à parcourir.

Peu après minuit et quart arrive Éric Barbareau. Il est suivi quelques minutes après par Éric Canva. Une fois requinqués et habillés pour la nuit, les deux Éric repartent vers leur destin. Il ne nous reste plus ensuite qu’à attendre Cécile qui nous rejoint un peu avant 1 h 20. Elle bénéficie comme ses autres compagnons de nos soins attentifs avant de se remettre en selle.
Une fois Cécile repartie il faut ressortir le chausse-pied pour tout recaser à l’arrière de la 3008. Pendant ce temps les hordes de concurrents continuent imperturbablement de passer devant nous.

Il est 2 heures du matin et le flot n’est toujours n’est pas tari. Pour nous il est temps de repartir en direction de Loudéac via la RN 12. Il faut que nous soyons prêts pour Bruno qui a prévu
d’arriver là-bas en début de matinée.

L’arrivée à Loudéac
Nous rejoignons notre destination au plus court en évitant Villaines-la-Juhel et Tinténiac. Nous avons 280 km à parcourir mais à cette heure de la nuit nous ne sommes pas gênés par la
circulation. La route est à nous mais la prudence s’impose car entre Alençon et Mayenne, à Ribay très exactement, nous croisons le parcours officiel des concurrents qui traversent la
nationale pour se rendre de Villaines-la-Juhel à Fougères. Ce carrefour très dangereux est sécurisé par des bénévoles de l’organisation qui assurent le passage des cyclistes. La fatigue
commence à se faire sentir et Dominique, à force d’appuyer sur la pédale (d’accélérateur), sent venir la crampe. Nous nous arrêtons pour changer de conducteur. À l’approche de Rennes la circulation s’anime un peu et après Rennes nous trouvons du brouillard parfois très épais qui rend la visibilité hasardeuse notamment au niveau des gros travaux routiers au balisage parfois trompeur. Mais nous approchons du but. À Montauban-de-Bretagne nous quittons la RN12 pour suivre la RN 164 qui nous conduit directement à Loudéac. Nous arrivons dans la ville vers 5 h 30. Il fait encore nuit. Nous voyons arriver les premiers concurrents dans les rues encore bien désertes. Nous allons directement nous garer devant la maison que nous avons louée pour faire un petit somme dans la voiture.

Nous nous réveillons vers 7 heures. Le jour commence à se lever. Nous faisons le tour du quartier pour repérer les lieux puis nous nous rendons au point de contrôle installé dans le
lycée Saint-Joseph. Un panneau nous fait la promesse alléchante d’une future « galette-saucisse ». C’est la preuve que tout est en place pour accueillir les concurrents qui commencent peu à peu à occuper le vaste parc à vélos.

Pendant ce temps, le long parking de la contre-allée qui longe le boulevard d’arrivée commence à se remplir de véhicules d’assistance. Il y a beaucoup de camping-cars et l’endroit commence à ressembler à une aire pour gens du voyage. En retournant vers la voiture en nous frayant un passage entre les chaises et les tables pliantes qui encombrent le passage nous tombons sur le duo de choc constitué par Alain Thibault et Laurent Barthès, le frère de Bruno. Ils assistent Bruno sur les autres contrôles et nous rejoignent à Loudéac pour son passage au camp de base.

C’est maintenant une heure décente pour appeler le propriétaire de la maison et lui annoncer que nous sommes arrivés et qu’il peut venir nous apporter les clés.

La vie au camp de base
Voilà, nous avons les clés. Nous faisons le tour de la maison. Elle est vaste et vient d’être entièrement rénovée : une entrée, un séjour, trois chambres avec des lits déjà faits, une douche
immense, une cuisine, et un grand garage. Nous déballons et préparons tout le matériel de couchage supplémentaire, rangeons les provisions dans la cuisine, vidons les glacières pour
remplir le réfrigérateur. Les caisses étiquetées avec le nom de chacun sont soigneusement alignées dans le séjour. Dans le garage nous installons un atelier mécanique de campagne au
cas où…
Alain et Laurent nous ont rejoints pour attendre Bruno qui ne devrait pas tarder. Le rituel sera le même durant ce court séjour à Loudéac. Nous surveillons notre appli de suivi des concurrents :
dès l’annonce du passage du contrôle, nous nous précipitons dehors et parcourons les 130 mètres qui nous séparent de l’arche d’arrivée pour accueillir chaque nouvel arrivant et le
conduire « à la maison » dont la vie va être rythmée par chaque arrivée et chaque départ :
- Lundi matin vers 10 h 30 c’est Bruno qui ouvre le bal. Bichonné par ses deux coachs il récupère de sa nuit avant de reprendre la route aux alentours de midi.
- C’est ensuite Thierry qui pointe aux environs de 14 h 15 et fait une courte escale avant de repartir à 15 h 10
- En milieu d’après-midi nous recevons la visite amicale de Bernard Dauger, ancien président du club et frère de Régine. Il habite près de Nantes et vient de parcourir 150
km à vélo pour venir nous soutenir et encourager les membres du club. Il restera avec nous jusqu’au lendemain matin avant de prendre le chemin du retour.
- Ce sont ensuite Éric Barbareau et Éric Canva qui arrivent ensemble à 17 heures. Éric B. repart le premier à 18 h 40 pendant qu’Éric se repose un peu plus longtemps avant de
remonter sur sa machine 3 heures après.
- Entretemps Cécile est arrivée vers 20 h 50. Elle a le sourire mais souffre à un endroit particulièrement sensible et délicat. Le doute s’est installé dans son esprit et elle commence à envisager d’être obligée d’abandonner.
- Pour clore l’aller, c’est Éric Morin que nous n’avions pas encore vu qui arrive vers 1heure dans la nuit de lundi à mardi. Il repart gaillardement mardi à 7 h 10.
- C’est au tour de Bernard de se préparer à enfourcher son vélo mais lui partira dans l’autre sens. Il nous quitte à 7 h 40 pour rentrer chez lui. Il disparaît au bout de la rue dans le soleil levant like « A POOR LONESOME COWBOY. AND A LONG LONG WAY FROM HOME… ».

Tous nos poulains ont maintenant quitté Loudéac en direction de Brest sauf Cécile qui a décidé de rester avec nous et va nous prêter main forte. La maison paraît tout à coup bien vide et bien calme. Mais ce n’est qu’un bref répit. Quelques minutes après, sur le coup de 8 heures, c’est Christiane Thibault et Claire qui nous rejoignent. Elles attendent Jocelyn, le mari de Claire, dont elles assurent l’assistance. Membre comme Claire du Club de Maisons-Laffitte il a pris le départ lundi matin. Ce lien « inter-club » a pu se créer grâce à la participation de Christiane et Claire à « Toutes à Toulouse » en 2021. Mais, plus on est de fous, plus on rit. Alain et de Laurent sont déjà de retour de Brest et nous rejoignent à nouveau pour attendre Bruno qu’ils viennent de laisser à Carhaix. Belle occasion de prendre tous ensemble un copieux petit déjeuner avant que Christiane et Claire ne nous quittent pour aller accueillir leur valeureux protégé qui arrive de Tinténiac.

Dans l’attente des premiers retours nous ne restons pas inactifs. Nous nous préparons à une nuit plus « chaude » encore que la première. En effet, victimes de notre succès, il a fallu
improviser de nouveaux couchages : canapé pour certains, matelas pneumatique dans le garage pour d’autres. La gestion des couchages devient l’une des tâches prioritaires. Il faut en
permanence adapter le planning d’affectation des chambres, changer la literie à chaque départ, placer la caisse de chaque nouvel arrivant comme portier devant sa porte et programmer
éventuellement son réveil.
La matinée est consacrée au ménage, à la lessive et au séchage des draps (merci la machine à laver !) et aux courses pour compléter le stock de certaines provisions qui commence à
diminuer. Dominique met en effet un point d’honneur à ce que les cyclos ne manquent de rien. Ils ont à leur disposition des menus variés préparés par Elisabeth à base de riz et de pâtes,
bénéficient d’un large choix de gâteaux, friandises, compotes, fruits et sont largement abreuvés en boissons chaudes et froides. Tout est donc paré et nous attendons maintenant les premiersretours de Brest. La ronde peut recommencer.

- Il est 12 h 20, mardi, quand Bruno arrive à Loudéac. Une fois restauré il part se coucher pour récupérer un peu du sommeil qui lui manque.
- Vers 16 h 30 c’est Thierry qui réapparaît.
- À 17 heures Bruno reprend les manettes de son vélo en direction de Tinténiac.
- Vers 17 h 30 c’est au tour de Thierry de repartir.
- Un peu avant 18 h 30 c’est Éric Barbereau qui nous tire la langue en arrivant. On sent que la chaleur a sollicité les organismes. Un peu de sommeil réparateur va être le bienvenu.
- Il est suivi un quart d’heure après par Éric Canva qui lui aussi a bien profité du soleil. Un temps de récupération dans un petit lit douillet ne sera pas superflu.
- La nuit est tombée et vers 23 heures Éric Barbareau reprend vaillamment son vélo.
- Une heure après, aux alentours de minuit, c’est Éric Canva qui se lance le noir, tous feux
allumés.
- Enfin vers 2 h 45, en pleine nuit, c’est Éric Morin qui nous rejoint. Un casse-croûte, une douche, un pyjama et hop au lit !
- Nous sommes maintenant le mercredi. Il fait grand jour et à 8 h 30 Éric Morin remonte en selle direction Paris ou plutôt Rambouillet.

Pour nous, c’est fini. Nous avons rêvé pendant toutes ces dernières heures de notre « galette-saucisse » que nous nous sommes promis d’aller manger au contrôle avant de repartir. Maisavant il faut encore ranger, faire le ménage et charger à nouveau la voiture en trouvant en plus de la place pour « caser » Cécile et son vélo. Nous arrivons tant bien que mal à trouver de la place pour Cécile mais le montage de son vélo sur le toit de la voiture nous oblige à démonter complètement le porte-vélo et à le poser au milieu de la rue pour le bricoler afin de pouvoir enfin y accrocher solidement le vélo. Ce contre-temps nous coutera cher. C’est notre « galette-saucisse » qui vient de passer à la trappe.

En effet, une fois les clés rendues, nous laissons la voiture devant la maison pour aller enfin manger notre « galette-saucisse » au contrôle. Mais là, quelle déception ! Trop tard ! Il est plus de 11 heures et le point de contrôle vient de fermer. Le démontage a déjà commencé. Nous nous consolons en imaginant pouvoir nous rattraper dans une crêperie en ville. Mais c’est un rêve ! Nous sommes en août et toutes les crêperies et la plupart des restaurants du centre sont fermés. Nous finissons par trouver l’un des seuls restaurants ouverts de la ville. Nous ne reprendrons pas la route le ventre vide.

Retour Rambouillet
C’est maintenant le retour direct vers Rambouillet où nous voulons assister au moins à l’arrivée de Bruno et de Thierry. Il fait encore chaud, la route est longue et la voiture, très chargée, peine en haut des côtes. Tout à coup le voyant « ALERTE » s’allume, le moteur chauffe trop. Heureusement après un petit arrêt pour le laisser refroidir et un petit coup de Cristaline dans le réservoir d’eau elle repart vaillamment. Quand nous arrivons à Rambouillet il fait déjà nuit noire. La foule s’amasse autour de la ligne d’arrivée où les concurrents arrivent au compte-goutte, souvent en solo, parfois par petits groupes de 2, 3 ou 4 cyclistes et passent la ligne d’arrivée sous les applaudissements des spectateurs.

Il est 22 heures. Régine, Jean-Marie et Alain Cornet, fidèles au poste, sont déjà sur place pour accueillir et féliciter les arrivants. Nous retrouvons également Alain Thibault et Laurent qui
attendent l’arrivée de leur poulain. Thierry franchit la ligne à 22 h 47 suivi de près par Bruno à 23h13. C’est la joie des retrouvailles et une bonne occasion de boire un coup grâce aux
bouteilles apportées par Régine et Jean-Marie.
Il va bientôt être minuit. Selon les dernières estimations les 3 Éric ne seront pas là avant demain matin. Difficile pour nous de les attendre et c’est avec grand regret nous décidons de
regagner nos pénates.

En effet c’est le lendemain jeudi qu’à 8 h 12 Éric Barbareau et Éric Canva franchissent, tous les deux dans le même temps, la ligne d’arrivée à 8 h 12. Quant à Éric Morin qui n’était parti que le lundi matin il retrouve Rambouillet à 15 h 42.

L’aventure est finie pour tout le monde laissant à chacun une multitude de sensations et de souvenirs inoubliables. Paris-Brest-Paris c’est vivre trois jours et trois nuits dans une bulle
temporelle un peu irréelle. Nous espérons que de nombreux membres du club continueront de se laisser tenter par cette expérience que ce soit comme participant ou comme assistant.

Prochain rendez-vous : août 2027
Yves Schneider

 

Paris-Brest-Paris (PBP) 2023

Quelques notes après ma 4ème participation


C'est parti pour 1200 km !C'est parti pour 1200 km ! 

 

P comme Plan de route 

C'est bien de faire un plan de route, cela fait un objectif à suivre, mais il faut savoir en sortir et l'adapter en cas d'imprévu.

Ce plan doit être réaliste, c’est ce que l'on pourra faire, pas ce qu'on voudrait faire.

 

J'ai pris comme plan mes temps de passage de ma participation en 2015, en 75 heures. 

Ce plan permet de limiter la route de nuit (sauf la première nuit, obligatoire), de dormir comme il faut et surtout d'arriver juste avant la 3ème nuit. De plus, en partant dans les premiers groupes de 90 heures, les contrôles ne sont pas saturés.

 

A comme Assistance

Assistance ou pas ? est une question spécifique à PBP : sur les autres grands brevets, l’assistance est rare. Les organisations proposent la livraison sur un ou deux  contrôles d’un petit sac d’affaires personnelles, ce qui permet d’avoir une tenue de rechange sans la transporter, à laquelle on joint une batterie chargée, et quelques ustensiles de dépannage et parfois des friandises pour le moral.

J’ai fait mes trois premiers PBP sans assistance. Lors de la préparation, quand Dominique (Moreau) me demande ce que j'attends de l'assistance, je dis que cela me permettra d’avoir un vélo un peu plus léger.

 

Mon plan de route m’a fait passer à Loudéac les après-midis, donc en dehors des périodes  de sommeil. J’ai profité de mes deux arrêts "au stand" pour manger, me doucher, me changer, discuter et prendre des nouvelles des autres participants. Une heure à chaque fois bien occupée !

 

Un grand merci à Dominique et Yves pour tous leurs efforts dans l’organisation et leur soutien pendant la randonnée !

 

R comme Rambouillet

C'est le 2ème départ de PBP de Rambouillet ("Rameboyette" en anglais). Le parc a été bien mieux utilisé qu'en 2019, puisque le château a été mis en valeur, le départ et l'arrivée étaient dans l'allée principale et nos fesses meurtries ont évité les pavés rustiques de la bergerie à l'arrivée.

Il me semble que cela a permis une meilleure intégration dans la ville et plus de partages avec la population.

Que reste t-il à améliorer ? plus de toilettes !

 

I comme Itinéraire

Le parcours de PBP a été modifié essentiellement en Bretagne, l'objectif est d'éviter les croisements des cyclos sur l'aller avec ceux sur le retour. Ces croisements rendaient les dépassements par les véhicules difficiles. Leur suppression réduit aussi les risques d'ébouissement des cyclos par les phares de ceux arrivant en face.


On ne monte plus le Roc'h Trevezel qu'à l'aller, on évite ainsi la route à camions entre les monts d'Arrée et Carhaix.

La nouvelle route de retour entre Brest et Loudéac est donc différente et passe par Pontivy. C'est plus varié, le nouveau parcours est bien ondulé avec des petites bosses raides, c'est un terrain que j'apprécie.

Le parcours entre Tinténiac et Fougères est différent à l'aller et au retour et m'a semblé plus difficile que l'ancien.

 

S comme Sommeil

10 heures de sommeil au total, 3 douches, 10 heures de pause hors sommeil, et donc 55 heures de vélo.

J’aime bien dormir à Brest : depuis 2015, il y a des chambres à deux lits, c'est confortable et calme. A Fougères c'est plus rustique (matelas de gymnastique) mais c'est juste au bon endroit pour la 2ème nuit.

On m'a dit que 10 heures de sommeil c'est beaucoup trop, mais sur 3 jours, ça ne fait que 3h20 par nuit. Et c'est la garantie de ne pas avoir sommeil sur le vélo pendant l'épreuve.

 

B comme Bagages

En autonomie, il est difficile de partir avec moins de 3 ou 4 kg de bagages (ça va vite : un imperméable, une tenue de rechange, et le minimum pour réparer, un GPS, une batterie, un phare, etc.).
Avec une assistance qui suit à chaque contrôle, le vélo n’est pas plus lourd que pour une sortie du dimanche. On peut prendre et laisser des affaires  selon les besoins à chaque étape.
C’est deux manières différentes de faire l’épreuve.

 

R comme Roc’h Trevezel

C’est le point culminant de PBP et de la Bretagne. Il culmine à 385 mètres, mais la route passe à 350 mètres. Le parcours entre Carhaix et Sizun via le Roc’h Trevezel est la partie que je préfère : la traversée de Huelgoat, la remontée du Fao (la rivière d'argent) et la lande après la Feuillée jusqu’en haut du Roc’h.

Cette année, le Roch Trévézel n’a été gravi qu’à l’aller.

 

E comme Encouragements

C'est la vraie magie de l'épreuve qui la distingue de tous les autres brevets de longue distance.

Les encouragements au bord de la route et aux contrôles, de jour comme de nuit, les gamins qui veulent taper dans la main, les tables improvisées devant les maisons pour offrir de l'eau, du café mais aussi du gâteau et même des crêpes... 

Selon moi, les meilleures ambiances sont à Villaines-la-Juhel et à Loudéac, quand on arrive aux contrôles en fin d’après-midi. 

 

S comme "Schermer's neck syndrome"

C’est le nom du mal de “la tête qui tombe”. Ce ne sont pas des crampes : il n'y a aucune douleur. Les muscles du cou "lâchent" simplement et la tête tombe vers l'avant. On ne peut regarder qu’un ou deux mètres devant soi.

J’ai eu ce problème pour la 1ère fois à la fin de LEL 2017, puis à la fin de PBP 2019. Comme cela peut faire abandonner, j’ai étudié ce qu'on pouvait faire pour l’éviter.


Ce que j’ai changé en bref : une position du cintre plus haute pour moins solliciter le cou, un casque plus léger, mon cou préparé par une petite gymnastique spécifique, des repos plus longs pendant les épreuves pour permettre une vraie récupération musculaire, une protection du cou dès que la température se rafraîchit.

Tout ça semble marcher : pas de problèmes sur LEL 2022 et PBP 2023.

 

T comme Triathlon (guidon)

Première année où ils sont officiellement autorisés. Il y en avait déjà les autres années mais ils étaient montés par les cyclos après le contrôle des vélos. Un cyclo sur 3 ou 4 en était équipé cette année. Pour beaucoup, c’est le moyen d’avoir une position pour soulager les poignets et les mains.

La position repose les poignets, fait gagner de la vitesse mais sollicite plus le cou… c'est un compromis à trouver.


 

Nous venons de faire P.A.R.I.S-B.R.E.S.T, maintenant ne reste plus qu’à retourner à P.A.R.I.S.

C’est un peu long à lire, mais encore plus long à faire en vélo !

 

Arrêt au stand après MortagneArrêt au stand après MortagneDépart de Loudéac direction BrestDépart de Loudéac direction Brest


P comme Paysages

La Bretagne offre les plus beaux paysages : les landes des Monts d’Arrée, la vue sur la rade de Brest du pont Albert Louppe, et les vieux granits des villages bretons.

A l’opposé, les portions entre la vallée de l’Eure et le Perche sont plates et sans grand intérêt. A l'aller, ça passe avec l’enthousiasme du départ et la nuit qui tombe, mais au retour dans l'après-midi, une fois sorti du Perche, la route vers Dreux m’a semblé très longue.

Entre les deux : des champs et beaucoup de bocage ordinaire.

 

A comme Audax

Partout dans le monde, les brevets à allure libre en temps limité selon le règlement de l’ACP sont appelés "Audax".

Partout ? non, sauf en France, le pays d'origine, où les “Audax” sont ceux qui roulent en groupe à allure contrôlée.


Il y a donc en France deux  clubs ayant Audax dans leur nom : l’ACP (Audax Club Parisien) et l’UAF (Union des Audax Français) qui font tous les deux de l’Audax mais pas le même Audax. Ils sont compliqués ces Gaulois !

 

R comme Records

Cette année, un américain a battu "le record". Dans une interview, il explique que sa force est de manger en roulant. Il n'est descendu de son vélo qu'une heure et demie en tout. Sa nourriture principale a été des bonbons H.r.bo, bien qu'il admette qu'à Brest il avait envie d'un sandwich américain que son assistance a été chercher en ville.

 

Autre record, l'estimable président du club d'Angers a réussi à 76 ans son 13ème PBP sur 13 participations. Il les a donc tous faits depuis 1975. Le record de réussite "étranger" est un Espagnol avec quand même 11 succès.

 

I comme International

71 nationalités étaient représentées. Les Français sont minoritaires depuis 2003 et ne représentent qu’environ 25% des inscrits dans les dernières éditions.

Nos voisins Allemands et Britanniques sont les plus nombreux (avec 759 et 554 inscrits), mais la distance n’est pas un obstacle pour participer, puisqu'étaient inscrits 460 Américains (USA), 360 Japonais, 200 Indiens, et 135 Brésiliens.

 

S comme Statistiques

 

6431 cyclos se sont élancés de Rambouillet.
Le temps moyen en 2023 est de 79 heures mais la moitié des randonneurs a mis plus de 81 heures.
Le taux de succès des dernières éditions fluctue autour de 75%.


Le taux de succès des pays d’Asie (Inde, Philippines, Thaïlande, Hong-Kong) est faible (moins de 50%), cela s’explique par le décalage horaire, les climats différents et un relief plus bosselé que dans leurs pays mais ce sont les participants les plus souriants !

 

Le taux de participation des féminines est resté entre 5 et 6% jusqu'en 2015. Depuis 2019, il est à plus de 7%. La participation des féminines françaises (5,6%) est plus faible que le taux général (7,4%). La Suisse, l'Indonésie et la Thaïlande ont le plus fort taux de féminines.

En cherchant sur le site du club et dans le big data de PBP, j’ai identifié 75 participations à PBP pour 51 réussites, soit un taux moyen de réussite d'environ 67% (la traçabilité n’est pas facile à cause des changements de club : certains ont fait des PBP avant d’entrer au club, d’autres en ont fait après leur départ du club)

 

En conclusion…


Un merci général à tous ceux qui contribuent à rendre Paris-Brest-Paris possible, en particulier à tous les bénévoles qui assurent de nombreuses missions.

Merci à Dominique & Yves pour leur soutien pendant l'épreuve, aux membres du club présents à Rambouillet au départ et l'arrivée, et à la mairie de Croissy pour son aide.


Thierry Streiff

 
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